Emmanuel Macron : une galaxie qui s'étoffe

Publié le 11 Mars 2017

Une galaxie qui s'étoffe

Une galaxie qui s'étoffe

Les soutiens les plus divers affluent vers Emmanuel Macron à son plus haut niveau dans les sondages. Cette tendance exaspère Benoît Hamon qui durcit les attaques envers le candidat d'En Marche !

«Ni de droite, ni de gauche», «de droite et de gauche» : Emmanuel Macron a trouvé des formules suffisamment ambiguës pour être le réceptacle des déçus de la droite et de la gauche ainsi que d'un électorat en quête de têtes nouvelles. Aujourd'hui, il rassemble de l'ancien ministre de Chirac Renaud Dutreil à d'anciens communistes comme Robert Hue et Patrick Braouzec, en passant par François Bayrou, le centriste Jean Arthuis, les écologistes, François de Rugy, Daniel Cohn-Bendit ou Corinne Lepage, des radicaux de gauche, de nombreux socialistes comme Bertrand Delanoë, Gérard Collomb… et la liste n'est pas exhaustive tant de nouveaux ralliements du PS devraient affluer dans les prochains jours. «En Marche !» ou l'auberge espagnole d'un paysage politique en plein bouleversement. Macron attire à lui aussi des membres de la société civile, des intellectuels (voir ci-dessus). Ceux qui depuis des mois dénoncent une «aventure personnelle» en sont pour leur frais. Non seulement l'ancien ministre engrange des soutiens de divers horizons mais il remplit des salles, porté par une «macromania» médiatique qu'il entretient en couple avec son épouse Brigitte. Son électorat est encore fragile mais il se solidifie progressivement.

Le programme qu'il a présenté s'affiche comme suffisamment équilibré pour ne pas avoir provoqué des départs parmi ses partisans. Au contraire, depuis, les soutiens continuent d'affluer. On se bouscule notamment pour être candidat aux législatives sous la bannière d'En Marche ! «Nous avons des milliers de candidatures et les auditions se prolongent tard dans la nuit», se félicite Macron.

L'ancien ministre profite de la crise que rencontrent le PS et Les Républicains à l'occasion de cette présidentielle. «Les deux grands appareils politiques sont fatigués et fracturés», analyse-t-il. Cette intuition qui l'a incité à se lancer dans le grand bain de la présidentielle, se trouve vérifiée par la situation délicate de François Fillon et Benoît Hamon actuellement dans les sondages. Les soutiens hétéroclites sur lesquels s'appuie Macron suffiront-ils pour lui donner une majorité pour gouverner s'il gagne la présidentielle ?

La solide «bulle Macron»

Mise-t-il sur un éclatement des partis à la suite de ce scrutin ? «Mais leur éclatement est déjà acté. Je chercherai une majorité de projet, pas d'appareils», répond-il. C'est là que les difficultés risquent de commencer pour lui. Sans oublier la lutte pour les places au gouvernement. Car comme tout parti politique, En Marche ! n'échappera pas aux traditionnelles et inévitables rivalités personnelles. En attendant, la «bulle Macron» dont certains ont raillé la fragilité pendant longtemps n'a toujours pas explosé. Au contraire, elle s'est affermie…


Hamon-Macron : la guerre

C'est la guerre entre Hamon et Macron. Le premier, qui voit des socialistes le quitter pour le second, a déclenché les hostilités sur France 2 dans «L'Émission politique», en lançant jeudi : «Le projet de Macron c'est le marchepied du Front national». Puis hier, il s'est gaussé du «blabla» de Macron. Réplique du candidat d'En Marche : «Je le remercie de la publicité qu'il me fait. S'ils avaient des idées à proposer, nous n'en serions pas là.» Et dans son entourage on ajoute : «Quelle crédibilité aura Hamon quand il appellera à voter pour Macron au second tour ?» Par ailleurs, dans un communiqué, En Marche ! demande le retrait de la campagne du candidat socialiste de Vincent Peillon (lire page 5).

Rédigé par Jean-Pierre Bédéï La Dépêche

Publié dans #Dans la presse

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